Ancien député au Grand Conseil genevois et actuellement vice-président du mouvement Libertés et Justice Sociale (LJS), Simon Brandt raconte sa passion pour les animaux. De ses souvenirs d’enfance aux refuges qu’il soutient aujourd’hui, il défend une idée simple : le respect du vivant ne devrait pas s’arrêter à l’espèce humaine.
Avez-vous toujours eu un lien particulier avec les animaux ?
Oui, j’ai toujours été sensible à ces questions. C’est ma maman qui m’a beaucoup sensibilisé aux animaux. Pour elle, ce n’est pas une question d’espèce. Un âne dans un champ, par exemple, mérite le même respect qu’un chat ou un chien.
Aujourd’hui, vous êtes plus chat ou chien ?
Les deux. Dans ma famille, il y a actuellement deux chats et deux grandes chiennes de 14 et 15 ans, Tessa et Mara. Elles viennent de refuges en Espagne. J’aime beaucoup voir leur évolution depuis leur arrivée. Elles avaient un passé difficile. Aujourd’hui, elles vont bien, elles sont sereines. Même leur poil est devenu plus beau. En fait, elles sont simplement heureuses.
Avez-vous une anecdote amusante à leur sujet ?
J’en ai plusieurs. Par exemple, quand je travaillais auprès de Pierre Maudet, j’avais exceptionnellement amené Tessa au bureau quand elle n’était pas encore habituée à rester seule. J’ai un moment dû quitter la pièce, pour deux ou trois minutes, et l’ai attachée à mon bureau avec une longue laisse. Quand je suis revenu, mon bureau était déplacé contre la porte. Elle ne comprenait pas où j’étais parti et voulait me suivre.
Quant à Mara, c’est une chienne très intelligente. Elle s’intéresse beaucoup aux activités humaines, elle semble toujours vouloir participer à ce que l’on fait. Un jour qu’elle était avec ma sœur, dans un bus des TPG, des contrôleurs sont montés. Quand l’un d’entre eux est venu contrôler son billet, elle lui a sauté dans les bras, qu’il lui a ouverts tout grands ! Le contrôleur aimait beaucoup les animaux et elle l’avait senti.
Une autre fois, alors que je les promenais, je suis passé à proximité d’une intervention de police avec un chien policier, un magnifique berger allemand. Le chien est sorti du périmètre pour venir leur tourner autour comme s’il disait bonjour. Le policier a dû rappeler son chien plusieurs fois et comme il ne revenait pas, il est venu le chercher. C’était assez drôle, on aurait dit qu’il avait eu un véritable coup de cœur.

Comment vous engagez-vous en faveur des animaux ?
Actuellement, je le fais surtout en soutenant des associations et des refuges. Par exemple, j’aide des refuges à l’étranger, notamment au Maroc. Je suis en contact avec une Suissesse qui travaille à Genève et vit dans le canton de Vaud. Elle a créé Petswissmaroc qui aide des animaux abandonnés et met notamment en place une filière d’adoption en Suisse pour des chats et des chiens. Récemment, j’ai financé les frais vétérinaires pour une chatte retrouvée avec une portée de chatons très malades. Ils avaient le coryza et étaient tristes à voir. J’ai payé les soins car je ne pouvais pas rester indifférent face à ça.
Je ne serais pas capable d’être vétérinaire. C’est un métier merveilleux car on sauve des animaux. Mais je me demande comment je rentrerais chez moi après la mort d’un animal. Cela me bouleverserait trop. J’avais envisagé d’être bénévole au Centre ornithologique de réadaptation de Genthod pour nourrir les oiseaux. Mais j’ai réalisé que je serais probablement trop touché émotionnellement et sans doute trop maladroit pour le faire. Je pense donc être plus utile en aidant autrement, notamment par des dons ou en fournissant un soutien administratif si besoin. Je l’ai fait, par exemple, pour le refuge de Darwyn.
Vous êtes l’un des rares responsables politiques à avoir porté la cause animale dans le débat public.
Quand j’étais candidat à la mairie de Genève en 2020, j’avais proposé de consacrer un pourcentage de l’aide au développement à des refuges pour animaux dans le monde.
Je pense qu’aider un refuge pour chats, pour chiens ou pour des ânes dans certains pays peut avoir un véritable impact. J’avais aussi proposé, sans succès, de soutenir financièrement des refuges locaux pour animaux, comme le refuge de Darwyn ou le Centre ornithologique de Genthod, afin de développer des programmes de sensibilisation.
Auparavant, j’étais aussi intervenu au Conseil municipal pour que les personnes sans-abri accompagnées d’un animal puissent avoir accès aux structures d’accueil, notamment aux abris PC. Et l’un de mes premiers textes au Conseil municipal concernait la protection des sites de nidification des martinets. J’ai aussi versé plusieurs milliers de francs de mes jetons de présence d’élu à des associations œuvrant pour les animaux, par exemple le refuge de Darwyn.
A propos des martinets, une anecdote me vient en tête qui s’est déroulée durant l’été 2017. Ma mère venait de trouver un jeune martinet tombé au sol à cause de la chaleur. À cet âge-là, ils ne peuvent pas toujours se réenvoler seuls. Il fallait donc l’amener au centre ornithologique de Genthod emmitouflé dans un carton à chaussures pour qu’il ne se blesse pas durant le transport. Je lui ai dit que j’allais m’en occuper. Le hasard a voulu que je devais alors rejoindre Pierre Maudet pour l’accompagner à un évènement politique. Je l’ai donc rejoint avec le carton à chaussures contenant le petit martinet et, quand je suis arrivé, il m’a demandé : « Mais qu’est-ce que tu as là ? » Je lui ai expliqué la situation. Comme nous devions justement passer à proximité du Centre ornithologique, nous avons finalement déposé le martinet… en limousine ! S’il pouvait parler, il aurait eu une jolie anecdote à raconter à ses semblables.

Estimez-vous que la relation aux animaux est importante dans l’éducation ?
Je pense que grandir avec des animaux apprend le respect. Si on veut apprendre à un enfant à respecter les autres, il ne faut pas seulement lui dire : « Tu respectes l’autre parce que c’est un être humain. » Il faut lui apprendre à respecter tout ce qui est vivant : les animaux, la nature, les arbres. C’est un ensemble.
Comment jugez-vous Genève en matière d’accueil des animaux, notamment des chiens ?
Je trouve qu’il y a des différences importantes selon les quartiers. Au centre-ville, notamment sur la rive gauche, il y a une densité de parcs pour chiens qui est assez exceptionnelle. En revanche, sur la rive droite, il y en a très peu. Il existe aussi une réglementation absurde qui interdit aux chiens d’aller sur certains espaces verts. Heureusement, elle n’est pas toujours appliquée à la lettre. J’avais proposé, en son temps, de la modifier mais malheureusement sans succès.
Et pour finir, si vos chiennes pouvaient vous parler, que vous diraient-elles ?
C’est compliqué de parler à leur place. Mais en ce moment, je pense que Tessa dirait : « Tu n’as pas quelque chose à manger ? ». Et Mara dirait plutôt : « Tu veux jouer avec moi ? ».






