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Mélanie Croubalian :« C’est Blu qui m’a choisie »

Odile Habel by Odile Habel
13/08/2026
in Pattounes News


Entre Mélanie Croubalian et Blu, c’est une histoire de regard. Depuis six ans, la journaliste et animatrice du Grand soir sur la RTS partage son quotidien avec ce labrador calme, gourmand et allergique à la pluie. Une relation faite de balades, de chaussettes dévorées et d’une complicité qui dépasse largement les mots.

Comment Blu a-t-il croisé votre chemin ?
Je l’ai rencontré peu après sa naissance. À l’époque, je cherchais un labrador. Nous avions perdu notre labrador, Boy, qui était mort bien trop tôt, à 6 ans. Il avait une tumeur au cœur. Nous n’avons pas voulu nous acharner et nous l’avons fait endormir. Après, j’ai dit : « Non, là, c’est fini. On va attendre un moment. »
Et puis, le confinement venait de recommencer. Au bout de quelques mois, je me suis dit que le trou qu’il laissait était vraiment trop grand. Alors j’ai commencé à regarder sur Internet, à me renseigner, à faire deux ou trois téléphones. De fil en aiguille, je suis tombée sur une dame anglaise qui habitait à l’époque vers Évian. Elle avait un élevage de labradors depuis 48 ans. C’était une dame très douée dans son travail, mais pas forcément commode qui n’acceptait pas n’importe qui. Elle faisait tout un interrogatoire pour savoir chez qui allaient ses chiens.
On est allés lui rendre visite. On a vu ses chiens qu’on a trouvés super. Elle avait justement une portée qui venait de naître. Je crois qu’il y avait huit bébés, tous beiges. On voulait un mâle et il en restait deux. On est allé les voir et c’est là que j’ai rencontré Blu. On ne pouvait pas les toucher car ils étaient trop petits. Ils n’avaient même pas huit semaines. Ils étaient avec leur maman.
Ils étaient les deux dans une petite cage, chacun avec un collier de couleur pour les différencier : un vert et un turquoise. Le vert ne nous calculait pas vraiment. Et puis, tout d’un coup, le petit turquoise est venu au bord de la cage. Il me regardait avec ses yeux un peu bridés. Il est resté là à m’observer.Je me suis dit : « Bon, c’est bon. » C’est lui qui m’a choisie.

Et le collier turquoise vous a inspiré son nom ?
Oui, un peu. Comme on avait un autre chien qui s’appelait Boy, on s’est dit que ce serait sympa d’avoir un autre nom court avec un B.
En plus, Blu était né dans l’année des R et trouver un nom avec R n’était pas facile. Mon ex-mari est italien. Blu c’était joli, ça sonnait bien en italien et c’était facile pour l’appeler. Donc on a choisi Blu. Je trouve que ça lui va super bien. En plus, c’est un nom original, je n’en ai pas rencontré beaucoup.

Quel est son nom officiel ?
L’éleveuse donnait les noms et elle était assez stricte là-dessus. Elle a dit : « Vous pouvez l’appeler Blu, mais moi, je vais lui donner un autre nom. » Avec un R, bien sûr. Il s’appelle Right You Are of Tintagel Winds. Mais c’est un peu long ! L’élevage s’appelle Tintagel Winds.

Avez-vous toujours eu des chiens ?
Oui, avec quelques interruptions. Le premier, j’avais peut-être 8 ou 9 ans quand on l’a adopté. On était à Choulex, dans la campagne à Genève. Mon frère rêvait d’avoir un chien, mais il était allergique. Pendant longtemps, on a eu des tortues, des poissons… Et puis un jour, on est allé à la SPA. Ma mère a dit : « On va juste regarder. Et en tout cas, on ne va pas prendre un chien à poils longs, puisque Marcel est allergique. »
Et on est revenu avec un bébé colley mélangé avec un berger belge qui était super poilu. Ce n’était pas tout à fait le brief du départ !
Finalement, ça allait très bien. Mon premier chien s’appelait Choun, ça veut dire chien en arménien.

Et le labrador, c’était une envie particulière ?
C’était plutôt une coïncidence. Quand on a trouvé Boy à la SPA, c’était un bébé labrador. On l’a trouvé tellement chou…
Avant ça, quand j’avais 16 ans, on avait adopté un autre chien à la SPA avec mes parents. Il était moitié labrador, moitié bouvier bernois. C’était comme un gros labrador noir.
Pour Boy, c’était pareil : on est allé à la SPA en se disant qu’on allait voir ce qu’on trouverait, et on est tombé sur lui.
Après sa mort, je me suis dit que j’aimerais bien un labrador parce que j’adore leur caractère.

Justement, comment vivez-vous ensemble ?
On cohabite très bien car on se ressemble pas mal sur beaucoup de choses.
Chaque labrador a son caractère. Boy était un vrai labrador aussi, mais il était très différent.
Blu est très calme, voire flemmard. Pour lui, la promenade, c’est un peu : « Bon, si tu veux, je t’accompagne. S’il faut, on va le faire. » Mais il ne faut pas qu’il pleuve parce qu’il refuse catégoriquement de sortir.
S’il fait trop chaud aussi. Il se couche par terre dans la rue et il ne veut plus avancer.
Sinon, c’est un chien de canapé. Pour ça, on s’entend bien parce que moi aussi, je suis assez calme. C’est un chien super pratique car je travaille beaucoup à la maison et il est tout le temps couché près de moi. Il n’aboie quasiment jamais et il est ultra cool avec tout le monde : les chiens, les gens… Je n’ai jamais vu un chien aussi gentil que ça.

Il a toujours été aussi facile ?
Oui, depuis qu’il est tout petit. Bébé, il a un peu grignoté des trucs, mais rien d’énorme.
Le problème de Blu, c’est qu’il est très gourmand. Il mange beaucoup de choses, y compris des chaussettes. Il s’est un peu calmé, mais avant il les avalait en une seconde. On doit en être à une centaine de chaussettes.

Vous ne devez plus avoir une seule paire !
Non, ça va. J’en ai acheté beaucoup ! Mais je suis inquiète. Parfois, je me dis : « Tiens, cette chaussette-là était quand même grande, ça fait dix jours et elle n’est toujours pas ressortie. »

Bien sûr, les modèles les plus chers de préférence …
Ah oui ! Je me souviens qu’un de mes copains avait une paire de chaussettes Paul Smith. Évidemment, il les a mangées. Il n’a pas pris les H&M !

En revanche, pour les grandes balades, il faut plutôt le motiver ?
Il ne va pas me dire : « Viens on fait un jogging ! » Mais quand je fais une grande balade, il me suit et après il est content. On habite près d’une forêt donc le matin, c’est une heure et demie de promenade. On va vers la rivière, Il aime bien. Et l’été, on va au lac, il adore nager. Mais quand il pleut, ce n’est pas possible.

Même avec un manteau ?
Je lui avais acheté un ciré du style petit ciré jaune. C’était mignon et on avait le même. Mais il refusait de marcher quand je le lui mettais.

Vous avez un fils. Pensez-vous qu’il est important de grandir avec un animal ?
Oui, clairement. J’ai grandi avec des animaux, que ce soit des chevaux, des poneys ou des chiens. Et mon fils avait 10 ans quand on a adopté Boy. C’est un enfant très sensible, un peu réservé. J’ai vraiment vu la différence. Il est très, très attaché à Blu aussi, comme il l’était à Boy. Il lui fait des câlins.
Je pense que ça aide à comprendre comment interagir avec un autre être vivant, que ce soit un chien ou un humain. Je l’ai vécu car j’étais assez timide quand j’étais plus jeune. Je le suis toujours, mais ça se voit moins. Les chevaux et les chiens m’ont permis de comprendre les interactions humaines. Même encore aujourd’hui dans mes émissions. Cela peut paraît absurde, mais je pense que j’ai beaucoup appris en montant à cheval, c’est-à-dire comment doser la force, comment communiquer avec quelqu’un sans parler, comment comprendre, être à l’écoute de l’autre, être attentive aux moindres signaux. Tout cela m’aide quand je fais une interview. Il faut amener l’autre là où l’on veut aller, mais pas par la force.

La cause animale vous tient-elle à cœur ?
Je ne suis pas tellement militante. Je suis plutôt pour vivre et laisser vivre. Pour tout, pas seulement les animaux. Tant qu’on ne m’empêche pas de faire mes trucs et qu’on ne me dit pas quoi faire avec mon chien, à part, bien sûr, les règlements qu’on doit respecter par logique. Là où je serais prête à me mettre en colère, c’est justement contre tout ce qui traîne n’importe où, surtout quand on a un chien glouton. Mais ce n’est pas seulement pour les chiens. Il n’y a pas beaucoup de respect pour les forêts, la nature, les lieux…

Vous avez déjà perdu un chien et vous savez donc que cette histoire aura une fin. Pouvez-vous imaginer la vie sans Blu ?
Il faut se préparer. J’ai déjà eu d’autres chiens alors je sais qu’un jour, ça s’arrête.
Parfois, je me dis : « Il a 6 ans. Il est pratiquement à la moitié de sa vie, peut-être un peu moins. » J’ai 53 ans. Je fais des calculs. J’aurais 63 ans dans dix ans. Je ne sais pas du tout comment ma vie sera à ce moment-là, mais si elle est toujours plus ou moins comme aujourd’hui, je pense que je reprendrai un chien.

Si Blu pouvait vous parler, que vous dirait-il ?
Je pense qu’il me dirait : « T’as pas une croquette ? » ou « Quand est-ce qu’on mange ? » Quelque chose du genre. « J’ai faim. »
Mais plus sérieusement, je pense qu’il me dirait qu’il est content de vivre avec moi et qu’il m’aime fort. Il me dirait probablement que je suis tout son univers.
J’y pense parfois. Les chiens ne voient pas le monde comme nous. Je suis partie en Inde, je voyage, je prends l’avion, le train… Eux, leur univers est limité à un petit univers qui gravite autour de nous. Blu n’a pas du tout conscience, par exemple, que l’Inde existe.
Après, je le prends dans beaucoup d’endroits, je voyage beaucoup avec lui, notamment en train. Mais son monde reste quand même très limité.
Et surtout, ce qui est beau chez les chiens que j’ai eus, c’est la manière dont ils nous regardent. Je pense qu’on est le centre de leur univers.

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