En Lozère, le château d’Orfeuillette cultive l’art de surprendre. Derrière le classicisme d’un château du XIXᵉ siècle se cache un univers fantasque. Rencontre élégante entre design, nature et gastronomie.
C’est une petite route abritée des deux côtés par de grands arbres qui mène doucement au château d’Orfeuillette. Cette demeure du XIXe siècle de style néo-Renaissance semble sortir d’un roman d’Alexandre Dumas.

Le parc de 12 hectares entoure le château d’une douce quiétude. Mais derrière la façade sage du château se cache un univers surprenant. Le classique s’associe à un moderne qui flirte parfois avec Alice au pays des merveilles. Le tout ponctué de références à l’Afrique et aux animaux de la savane africaine.
L’effet waouh prend tout son sens dans le vaste lobby : murs habillés de tapisseries aux motifs blancs et dorés, miroirs argentés, mobilier d’époque et moderne blanc, lustres en cristal à pampilles et, surtout, un billard blanc. Une alcôve aux vitraux colorés accueille des fauteuils blancs et une ancienne malle de voyage, également blanche, détournée en table. Des sculptures inattendues s’invitent dans le décor comme la bête du Gévaudan, un mystérieux animal qui aurait attaqué des habitants en Lozère entre 1764 et 1767, et une tête de gorille surmontée d’une couronne.

Enfant de la région et propriétaire du château depuis 2011, Christophe Brunel a donné à cette décoration hors norme son souffle singulier, entre héritage du lieu et fantaisie assumée. C’est ainsi que sa rencontre avec le photographe Bruno Calendini donne lieu à l’installation dans le château de plusieurs photos animalières en noir et blanc. Prises notamment au Botswana et en Tanzanie, elles mettent en scène de manière spectaculaire girafes, lions, zèbres, éléphants et rhinocéros.
Les chambres et suites, toutes différentes, échappent aussi au conformisme. Un fauteuil en métal et cuir au design année 30, un lit rond, un tableau en forme de pièce de puzzle, une table basse ovale en métal argenté ajouré, des abat-jours ornés de plumes à l’esprit rococo… L’audace créative s’exprime aussi dans la palette des couleurs avec des touches d’orange, de violet ou de fuchsia.
Les noms de suites convoquent des personnalités. La suite Roussel rend hommage à Théophile Roussel, médecin, député puis sénateur de la Lozère. Il racheta au milieu du XIXᵉ siècle l’ancien pavillon de chasse avant de le transformer en l’actuel château. La suite Eiffel rappelle l’amitié qui liait Théophile Roussel à Gustave Eiffel, auteur du viaduc de Garabit, situé à quelques kilomètres. Et pour rêver de paillettes, la suite Marilyn Monroe ou la suite Princesse aux allures de bonbonnière rose…

En contre-bas du château, la jolie piscine invite à piquer une tête. Et à méditer. Le calme est absolu et l’esprit s’évade en regardant les champs s’étirer à l’infini.

La sérénité du parc trouve un écho dans la cuisine du restaurant Théophile. Aux fourneaux, le chef Steven Subinlou imagine une cuisine subtile et élégante. Mais sans tomber dans le piège de la surenchère. Les plats conjuguent saveurs et textures dans des jeux surprenants comme les petits pois marinés, bouillon de cosses au thé d’Aubrac, crème crue et girolles au vinaigre. Délicieux !
Mais le plus étonnant est sans doute « Comme une tomate mozzarella ». Un plat à l’allure d’œuvre d’art contemporain. De petits points verts, rouges et blancs – basilic, mozzarella et tomates – sont disposés sur une couche de gelée extra fine. Une explosion de goûts dès la première bouchée.
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